Des fours à économie de bois - Région d'Antigua au Guatemala


Une présentation du projet en image... Cliquez sur la photo pour découvrir la vidéo !
mais ERRATUM : ce n'est pas 44 % de bois économisé mais bien 66 %.


Le Guatemala est un pays qui souffre du déboisement. Ces 25 dernières années, un tiers des arbres du pays auraient été abattus, le bois étant utilisé dans les foyers pour cuisiner et se chauffer...

Le Rotary Club d'Antigua a choisi de s'investir dans un projet de distribution de fours à économie de bois. Lors de notre séjour à Antigua, nous rencontrons Jacques Rambert et Jacques Daliès, tous deux membres du Rotary Club qui nous expliquent les enjeux de ce projet.

Pour de nombreuses familles traditionnelles, le four est en réalité un feu de bois au coeur de la maison. Dessus, est posée une plaque qui permet de faire cuire les aliments. Mais le four que nous allons vous présenter permet de contenir le feu dans un espace fermé avec un système d'aération.

Tout d'abord, laissez nous vous présenter les multiples atouts de ce fours :

- Limiter la déforestation. Voici l'enjeu premier de ces fours : permettre une économie de 66 % de bois. Une famille guatemaltèque de 8 personnes consomme en moyenne 10 morceaux de bois par jour. Avec ce four,  seuls 4 bouts de bois suffisent. Cela permet donc de  limiter la déforestation dans la région.

- Limiter les corvées de bois. Cette réduction de consommation de bois permet également de réduire les corvées de bois. En effet, l'urbanisation étant grandissante, les familles doivent se rendre de plus en plus loin pour trouver le bois dont elles ont besoin. A vélo sur la route, nous croisons grand nombre d'hommes, mais aussi de femmes et d'enfants qui portent d'énormes chargements de bois sur le dos et font des kilomètres à pied.

- Améliorer la santé des familles. Une cheminée installée sur le four permet d'évacuer  hors de la maison la fumée produite par le feu. Ainsi, les familles équipées ne respirent plus de gazs toxiques qui peuvent causer des pneumonies et des cancers. Cette évacuation de fumée réduit également les nombreuses conjonctivites. 

- Eviter les accidents domestiques. Avec un four traditionnel et donc avec un feu ouvert, de nombreux petits ont pu se brûler gravement... Avec ce four qui enferme le feu, fini le danger ! Les enfants peuvent jouer tranquillement dans la pièce à vivre sans risque de se brûler. 

- Apprendre aux femmes la rigueur et le travail en équipe. Le montage du four nécessite un travail d'équipe et de la précision. Les femmes apprennent ainsi à travailler ensemble (chose rare pour les indiens qui n'aiment pas être en groupe). De plus, elles apprennent à être précises et organisées pour le montage du four, et disciplinées quant aux horaires habituellement peu respectés.

Tous ces arguments ont su convaincre une antenne du Rotary Club au Canada qui finance en grande partie l'achat de ces fours. Lors de notre passage, nous rencontrons les Larson, un couple canadien en visite à Antigua. Ils viennent observer tout le processus de distribution des fours afin de faire, à leur retour, un rapport aux autres donateurs.

Le Rotary Club d'Antigua se charge quant à lui de mener tout le projet. Pour cela, il faut trouver le financement, sélectionner les villages de la région qui en ont le plus besoin et avant de remettre les fours, apprendre aux femmes à monter le four parfaitement.

Un four vaut 850 Quetzals, soit 80 euros environ. 80% est financé par le Rotary Club mais 20% reste à la charge des familles. En effet, cela permet de les impliquer car, ayant investi un peu d'argent, ces dernières veilleront davantage à en prendre soin.

Pour apprendre aux femmes à monter le four, Jacques Daliès nous explique qu´ils doivent trouver un leader. Avec quelques fours témoins, ce dernier apprend le montage du four à quelques femmes choisies comme professeurs et qui, à leur tour, vont apprendre la manoeuvre à d'autres femmes. Après 15 jours, une réunion de "contrôle" est organisée afin de s'assurer que toutes les femmes ont bien compris et assimilé le montage.  Ce jour est important, car si elles sont reconnues comme aptes alors elles recevront leur propre four la semaine suivante.

Nous avons eu la chance d'assister à une telle après-midi. 70 femmes étaient réunies et par petites équipes, elles sont passées chacune leur tour devant les autres pour montrer qu'elles savaient monter ensemble le four. Le leader observait le tout, les interrogeait sur les points importants et nécessaires au bon déroulement. Toutes ont été validées. Ravies, ces femmes ont du recevoir leur propre four lors d'un nouveau rassemblement le 14 mars.

A ce jour et depuis 5 ans,  800 fours ont été distribués dans la région. Cela permet de limiter l'impact sur l'environnement et d'améliorer la vie de 40 000 personnes dans les villages autour d'Antigua.