Une école construite en bouteilles de plastique - Atitlan Guatemala
Avant notre arrivée sur les bords du lac Atitlan, nous avions entendu parler d’une école construite en bouteilles de plastique dans le village de San Marcos.
Après nos observations sur le recyclage et la gestion des déchets, ce projet a tout de suite attiré notre attention. Dès notre arrivée à San Pedro de la Laguna, un village voisin, nous avons mené notre enquête pour savoir qui était en charge du projet et où se situait le site.
Après plusieurs échanges avec des locaux et aussi grâce a nos amis Jo et Louis, nous comprenons qu’il existe une école déjà construite à San Marcos et un projet de construction à San Juan la Laguna.
Le premier projet est géré par l’association Pura Vida, pilotée par une allemande Suzanna. Cette association s’occupe de différents projets autour du lac, notamment le nettoyage des rives et du lac, le tri des déchets et bien entendu les constructions en matériaux de récupération. Cette association est d’autant plus utile que la région déjà pauvre, a beaucoup souffert de l’ouragan Stan en 2005. Beaucoup de bâtiments ont été rasés et il est difficile pour les habitants de réinvestir dans des matériaux de construction.
Le second projet s’inspire de Pura Vida et il est mené par Daniel Hernandez, un professeur d´anglais dans un lycée de San Juan la Laguna. Ce lycée est particulier car il est autonome et n’est pas géré par l’état. En effet, il est à l’initiative des habitants qui souhaitent offrir une éducation professionnelle aux jeunes filles du village. Il est composé pour le moment de 3 classes et 65 étudiantes.
Sans ressource, le financement se fait par les donations des parents et la revente de déchets recyclés. Le local est loué à une association de femmes de la ville.
C’est justement pour pallier à ce manque de local, que Daniel Hernandez s’est lancé dans le pari fou de faire une école avec des matériaux de récupération et notamment avec des murs en bouteilles de plastiques.
Le projet est lancé depuis Mars 2009. Le budget de construction est évalué a 10 000 USD. Pour le financer, Daniel a imaginé un système de collecte des déchets de la ville et ensuite de tri pour revente au kilo. Ainsi le papier se revend 4€ pour 50kg et les cannettes 1€ pour 100 unités. Les élèves du lycée sont en charge de sensibiliser les habitants de la ville pour éviter les décharges sauvages et le non tri.
Le travail est intense car beaucoup de villageois n’ont pas d’éducation dans ce domaine et ne comprennent pas que la poubelle peut se transformer en argent. Daniel le répète souvent « Basura es dinero » (la poubelle, c’est de l’argent).
En plus de revendre une partie des déchets, les bouteilles plastiques sont conservées ainsi que les déchets non recyclables type papiers gras. Ils servent de briques pour la construction des murs.
A ce jour les fondations de l’école sont en place. Le projet a utilisé un peu de béton mais surtout des pierres du village pour faire les structures. L’aération des salles va se faire avec un puits de 3 mètres dans le sol qui amène un air à 15 degrés toute l’année. (Climatisation gratuite et écologique par la géothermie).
Daniel rencontre encore de grandes difficultés dans la sensibilisation au sein même du village pour le tri des déchets. Il recherche d’ailleurs des volontaires pour venir l’aider, il offre en échange le couchage.
Avis aux amateurs.