Gestion et tri des déchets au Mexique

Notre première impression

Depuis le début de notre périple au Mexique, nous observons le bord des routes et nous avons eu le temps de le faire avec les 1358 km parcourus. Ce qui attire notre attention, c’est le nombre de bouteilles en plastique et déchets en tout genre que nous pouvons croiser. Pas un kilomètre de la route n’est epargné par ce fleau. Il nous arrive aussi d’apercevoir au loin une colonne de fumée qui s’avère être un feu de poubelles organisé par on ne sait qui en plein milieu de la nature.

En nous baladant dans les marchés ou en restant assis dans les zocalos (place centrale du village), nous découvrons que les mexicains utilisent enormément de sachets en plastique (conditionnement de marchandises, de boissons ou autres), de gobelets et assiettes plastiques jetables. Pour ne rien arranger, ils grignotent toute la journée des nachos ou sucreries, ce qui fait de ce pays le premier pays au monde au niveau de l’obésité.

En revanche, nous ne voyons que très rarement des poubelles. Elles sont inexistantes sur le bord de la route (et pourtant nous sommes sur les axes principaux du pays), et rares dans les espaces publiques.

Bord de route : un panneau "Réserve écologique" entouré de détritus.

Premiers éléments de réponse

Après avoir posé pas mal de questions aux mexicains que nous rencontrons, nous commencons à comprendre le phénomène.

En ce qui concerne les routes, la gestion de celles-ci est à la charge de l’état. Le ramassage des poubelles nécessite une infrastructure et des coûts. Malheureusement, il est donc plus économique de ne rien faire.

Quelques panneaux sont mis pour faire de la prevention « No basura » (pas de poubelles) ou « una multa de 90 salarios » (une amende de 90 jours de salaires si on jette ses poubelles). Ceci semble peu dissuasif car c’est souvent au pied de ces panneaux que nous trouvons des montagne de détritus.
Seule une region, le Chiapas, nous a semblé un peu plus propre, est-ce la culture Maya et le culte de la terre… ?

Pour les villes et villages, le ramassage des déchets est à la charge de la commune. Un camion passe dans les rues et les habitants sortent leurs poubelles à ce moment là.
Malheureusement, le camion déverse le plus souvent ses déchets dans une décharge à l’air libre qui fait le bonheur des charognards.
Le tri des déchets n’est pas du tout en place, il n’existe aucune poubelle selective, tout va dans le même bac. De la même manière que pour le ramassage des déchets sur la route, ceci demande une infrastructure et engrendre des coûts supplémentaires.

Le seul tri organisé est fait par des pauvres qui ramassent cannettes et cartons pour les revendre et en récupérer un faible revenu.

Quelles initiatives pour changer cela ?

Nous avons la chance de rencontrer Marcos, professeur de Physique Chimie dans le lycée de Jalapa del Marques, situé dans la region de Oaxaca. Il nous explique que le gros problème aujourd’hui est le manque d’éducation et de prise de recul par rapport à l’environnement. Les choses vont changer mais cela va prendre du temps. Les espoirs sont sur les plus jeunes et notamment sur ce que peut apporter l’école dans ce domaine. Nous regardons avec lui le nouveau manuel de classe de 1ère et un chapitre entier est consacré au réchauffement climatique et aux facteurs aggravants. La gestion des déchets est clairement abordée.

Pour accélérer cette prise de conscience, Marcos organise deux types de projets avec ses élèves :
• la récupération des bouteilles en plastiques
• et le nettoyage de la rivière deux fois par an.

Par la récuperation des bouteilles et la revente de celles-ci, les élèves arrivent à financer un peu d’infrastructure pour l’école. Ils viennent notamment d’investir dans l’achat de ventilateurs pour ameliorer le confort dans les classes. Ceci est une belle facon de montrer que le ramassage des déchets peut etre source de profits.

Le nettoyage de la rivière est marquant pour les élèves car en une journée, ils prennent conscience de ce qui peut nuire à leur environnement local. Le solde de chaque journée est en plusieurs tonnes de détritus.

Dans d’autres écoles, nous avons pu observer des tas de bouteilles, ce qui signifie que ce type de projets se demultiplie dans le pays.

Collecte de bouteilles en plastique au sein d'une école.

D’autres pistes ?

La prise de conscience se fait aussi par d’autres moyens. En voici quelques exemples :

• des marchands de fruits et légumes invitant les clients à ne pas prendre de sacs.
• des industriels mettant en avant un packaging biodégradable en 3 à 5 ans… réelle avancée ???

Ce qui est certain, c’est qu’il est plus facile de faire bouger les foules quand on trouve un avantage direct et personnel à l’une des actions. Au Mexique, la plupart des ampoules sont à économie d’énergie, un bel effort pour la planète et une action bien visible pour le portefeuille.

L’enjeu pour la gestion des déchets est de trouver ce lien financier ou pas pour accélerer le mouvement.

En ce qui nous concerne, pas d’excuse en France car tout est en place et nous payons des impôts pour cela donc, profitons-en !

"Nouvel Emballage. Cet emballage se dégrade sur une période de 3 à 5 ans".

"Fini les sacs en plastiques ! Ce commerce prend conscience du réchauffement climatique. Et toi ?"