Produire de l´hydroéléctricité

Nous vous proposons ici un article sur la création de barrage au Guatemala, cliquez aussi sur la  photo ci dessous pour avoir la video de présentation.


Nous avons eu la chance de rencontrer Ascensio Lara qui est en charge de la conception et du développement de l´hydroélectricité dans le pays.

 
Situation énergétique du pays

 
Pays au cœur de l´Amérique Centrale, le Guatemala souffre aujourd’hui´hui d´une augmentation de plus de 20% par an du prix de son énergie. Basée sur un mixte entre pétrole, charbon, canne a sucre et eau, le prix est très variable en fonction de la saison. Pour exemple en mai et juin, l´eau et la canne a sucre viennent à manquer et le pays accentue sa consommation de pétrole. Par ordre de croissance de prix l´eau est la source d´énergie la plus économique et vient ensuite la canne a sucre, le charbon et le pétrole.

 
Le fait d´avoir accès à de l´énergie favorise la croissance, en effet on peut ainsi assurer la fourniture des usines et autres industries développant la production du pays. Le Guatemala est aujourd’hui´hui dans un paradoxe car sa demande énergétique croit de 3.2% par an alors que sa population de 3.7%. Cet écart prouve bien que le fait d’avoir une énergie chère ne favorise pas le développement du pays. En toute logique la demande doit au moins suivre l´accroissement de la population.

 
En plus d´avoir une énergie chère, le pays est dépendant de ressources naturelles non renouvelables type charbon et pétrole. La production de canne à sucre est très polluante dans son exploitation et occupe des terres cultivables pouvant servir à d´autres productions notamment des denrées alimentaires.

 
Pour contrer cela le Guatemala a décidé de développer son parc de production d´hydroélectricité. Renouvelable et moins chère dans son exploitation, cette production d´énergie répond parfaitement aux enjeux du pays. L´objectif est de multiplier par 10 la puissance et de passer de 700 Mégawatts à 7000 Mégawatts.
Ce pari a déjà été fait par plusieurs de ses voisins notamment la Colombie, le Brésil, le Mexique et l´Argentine.


Les installations.

 
Chacune des installations doit faire preuve d´études géologiques très approfondies car le Guatemala se situe dans une région sismique et les secousses sont très fréquentes. Nous en avons d´ailleurs eu plusieurs pendant notre séjour.
La région est aussi soumise à quelques catastrophes comme l´ouragan STAN en 2005.

 
Apres la validation des études de faisabilités, deux types de barrages sont possibles

 
Le barrage a retenue, le plus connu car le plus fréquent. On crée un lac artificiel dans une région plutôt montagneuse et ensuite on relâche plus ou moins de l´eau pour faire fonctionner une turbine qui alimente un générateur. Le dénivelé entre le haut du barrage et la turbine en bas crée la puissance. Très pratique pour sa gestion qui se fait en fonction de la réserve du lac, il demande tout de même un espace naturel important. Il est souvent critiqué par le fait qu’il bouleverse un écosystème et qu´il peut amener des déplacements de population.

 
Le barrage à dérivation, moins populaire il est pourtant très pratique. Son principe est de détourner dans un canal une partie d’un cours d’eau pendant quelques kilomètres. Pendant cette dérivation on crée du dénivelé entre le cours d’eau et le canal. Ensuite quand le dénivelé devient important, on fait se rejoindre les deux. La différence de hauteur crée de la puissance et fait ainsi fonctionner une turbine comme dans le barrage a retenue.

 


Ce barrage ne bouleverse pas l’écosystème car le cours d’eau initial reste en place. Plus petit dans sa conception il dérange moins qu’un grand édifice. De plus on peut en mettre plusieurs à la suite pour faire des barrages en cascade.

 
Le Guatemala a opté pour cette solution. Aujourd’hui un barrage fonctionne depuis 2004 et d´autres sont en préparation. L’objectif pour 2016 est de fournir 10% du pays.
Construit pour une durée minimale de 100 ans, ils sont amortis au bout d´une période de 10ans.


Le projet environnemental et social

 
Un tel projet de développement fonctionne si un maximum de personnes est engagé et sensibilisé au projet.

 
C’est le pari de la société que nous avons rencontrée. Cette entreprise privée travaille en collaboration avec le gouvernement en place pour mener à bien ce projet.

 
Avant de mettre en place les édifices, un travail de rencontre des habitants est mis en place pour expliquer le projet mais aussi ce que cela va changer dans la région. L´un des premiers enjeux est de faire comprendre le principe de l´hydroélectricité à des populations n’ayant pas toujours accès à l’électricité en général. Pour cela des ateliers sont organisés pour montrer le principe de production avec un montage composé d’une roue de vélo servant de turbine et un fil au bout avec une ampoule qui s’éclaire.

 
En plus d’expliquer le principe ceci va servir de déclic pour certain et leur ouvrir les yeux sur de nouveaux métiers. Un des engagements de la société est de faire travailler des ouvriers locaux et de les former aux métiers de la construction.

 
Enfin la région va profiter de la mise en place d´infrastructures pour l´accès au chantier comme des routes ou des ponts pour acheminer le matériel. Ceci va profiter à tout le monde pour le développement économique local.

 
Ainsi il est possible de faire de l’énergie propre, facteur de développement économique mais aussi de développement social.
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